22 juin 2011
Bibliothécaire en colère
Trouvé sur le blog de page en page, une suggestion de lecture...
Sophie Divry
La cote 400
Les Allusifs
2010
Nous voilà dans la tête d'une bibliothècaire, d'une bibliothécaire particulièrement névrosée : aigrie, timide, obsessionnelle et parfois carrément inquiétante qui monologue devant un lecteur qu'on imagine ahuri de découvrir ce qui se cache derrière cette façade lisse.
Un tout petit livre aux phrases interminables pour susciter parfois un sourire, découvrir la cote 400 ou la vie de Maupassant...
Rat de bibliothèque, je n'ai pas appris grand chose et pas reconnu grand monde.
J'ai la chance de vivre près de bibliothécaires charmantes !!
Un petit coup de griffe pour le cliché. J'en ai un peu marre de ne cotoyer dans les fictions que des bibliothécaires vielles filles, laissées pour compte aux prises avec des manies proches de la psychiatrie !!
Bibliothécaires sexy et épanouies mobilisez-vous !!
18 juin 2011
Chargez
Envie de renouer avec la fantasy.
William R. Fortschen
Ralliement
Le régiment perdu-1
Bragelonne
2007
Au départ, une nouvelle saga au résumé plutôt alléchant. Imaginez une compagnie de soldats nordistes, embarquée sur un navire pour partir en permission et qui se retrouve transportée sur un autre monde.
Un monde de servage féodal dans lequel des descendants des Russes de l'époque médiévale font régner la terreur. Mais qui sont les Tugars dont les statues monstrueuses ornent la ville de Souzdal ?
Quelques bonnes idées de départ gâchées par le parti-pris de l'auteur.
Voilà ces bons soldats, braves parmi les braves, occupés à civiliser, démocratiser et industrialiser ce nouveau monde.
D'ailleurs les trois quarts du roman sont consacrés à ces efforts pour bâtir un train, une mongolfière, une mine et louer l'esprit capitaliste et d'entreprise.
Peu de personnages émergent, ils n'ont pas d'état d'âme et sont tous, ou presque, prêts à lutter pour sauver le monde et convertir les barbares en démocrates.
Des scènes de batailles sanglantes succèdent à des considérations techniques de fabrication d'acier sur près de 537 pages. On alterne entre grands sentiments et action frénétique, les personnages héros ou salauds ne m'ont pas touchée.
Pas sûre de lui donner une seconde chance en lisant le tome 2.
15 juin 2011
Exercice de style
J'ai au moins un point commun avec Agatha Christie, nous aimons les challenges...
Je participe de loin en loin à quelques-uns alors qu'elle aime revisiter ses classiques. Elle renouvelle ainsi les clichés.
La voila qui s'attaque ici au cadavre dans la bibliothèque :
Agatha Christie
Un cadavre dans la bibliothèque
Le Masque
1946
Je l'ai lu il y a quelques temps, l'intrigue s'est donc un peu perdue au fil de ma mémoire. Il reste quelques caractères qui émergent et, comme d'habitude, une histoire dont le fin mot m'avait échappé à plus de 50 %.
Un thème classique donc, soumis à la sagacité de Miss Marple. Agatha Christie s'amuse beaucoup à dépeindre la bourgeoisie d'un village anglais, ses moeurs en villégiature, le milieu du cinéma et les dents longues des arrivistes qui rêvent d'une place au soleil.
Un opus qui montre Agatha Christie, préoccupée de la jeunesse de sont temps, qui en brosse un portrait parfois naïf.
Un bon moment de lecture mais je crois que je préfère cet insupportable POirot et ses petites cellules grises !!
08 juin 2011
Si j'aurais su, j'aurais pas lu
S'il reste un excellent souvenir de mes jeunes années de lectrice, c'est bien "La guerre des boutons" de Louis Pergaud. J'avais d'abord vu le film et avais eu envie de prolonger ce moment de rire. D'autant que mes lectures enfantines étaient souvent bien noires.
J'étais donc très enthousiaste à l'idée de la faire découvrir à mon tour à mes enfants, sous une forme plus accessible.
Gabella-Vernay
La Guerre des boutons de Louis Pergaud
Petit à petit
2007
Deux tomes plus tard le bilan est mitigé.
Les enfants ont été enthousiastes.
Ce sont surtout les gros mots qui les ont ravis, c'est vrai qu'il y en a pléthore tous plus fleuris les uns que les autres.
De mon côté, la magie "madeleine de Proust" n'a pas opéré.
Mon grief principal est la quasi absence de Petit Gibus et par extension de son "Si j'aurais su j'aurais pas v'nu". Comment rayer mon personnage préféré et son gimmik dans toute adaptation digne de ce nom ? S'il devait n'en rester qu'un c'aurait dû être celui-là !! J'ai maintenant la réponse, P'tit Gibus et son antienne appartiennent uniquement au film. Magie de la mémoire j'ai amalgamé livre et film ...
Mais bon, une fois la déception là, il m'a été difficile d'apprécier à leur juste valeur les dessins et le reste du scénario !!
Il ne me reste plus qu'à emmener les enfants au cinéma cet hiver... ou à leur montrer le film original en noir et blanc !!
04 juin 2011
Titanic
La mer c'est dégueulasse chantait Renaud, confirmation avec :
Chabouté,
Terre Neuvas,
Vents d'Ouest,
2009
1913, les Terre-Neuvas sont en route pour leur campagne de pêche. Une poignée d'hommes, et un mousse, embarqués pour les bancs de morues et la fortune espérée.
Néanmoins c'est surtout la mort et les fantômes que vont rencontrer ces marins.
Noir et blanc, tempête et brume. De grandes vignettes nous plongent au coeur de cet univers âpre. La nuit est omniprésente tout comme le froid et la pluie. On parle peu mais toujours juste dans cet album.
Comme toujours conquise par la plume et le scénario. J'ai juste eu un peu de mal à différencier tous ces marins du bord, silhouettes rudes aux visages mangés de barbe.
11 mai 2011
variation sur le même thème
N'allez pas croire que cela tourne à l'obsession mais je vous propose encore un roman à deux voix sur la seconde guerre mondiale. Après l'Allemagne cap au nord :
Camilla Läckberg
L'enfant allemand
2011
Actes noirs/actes sud
Moins documenté, moins surprenant, moins profond que le précédent roman j'ai cependant replongé avec infiniment de plaisir dans l'univers Läckbergien.
Direction Fjällbacka et son commissariat, ses personnages hauts en couleur, leurs histoires d'amour et leur passé parfois trouble.
Cette fois Erica se trouve confrontée à une inconnue qu'elle connaît bien. Sa mère. Comment cette femme si distante avec ses filles a-t-elle pu se trouver en possession d'une brassière tachée de sang et d'une médaille militaire nazie ?
454 pages plus loin des enfants et des histoires d'amour sont nés, des cadavres ont été exhumés.
Au passage on en apprend trop peu un peu sur la seconde guerre mondiale en Suède, pas de quoi écrire un mémoire sur le sujet, juste une mise en bouche.
Je reste accro à la série malgré tous ses défauts : personnages caricaturaux, naïveté des situations, dénouement prévisible...
Encore sous le charme j'attends le prochain opus.
08 mai 2011
De l'autre côté du miroir
Un livre qui m'a fait de l'oeil à la médiathèque :
Jenna Blum
Ceux qui nous sauvent
2009
Presses de la cité
Trudy Schlemmer est une universitaire obscure aux relations difficiles avec sa mère. Anna, cette dernière, a fui l'Allemagne à la fin de la guerre au bras d'un GI. Depuis cette époque elle n'a plus jamais évoqué son passé. Trudy le connaît ce passé, une photo les montre, elle et sa mère, aux côtés d'un officier nazi. La conclusion s'impose d'elle même. Persuadée d'être la fille d'un monstre, elle passe sa vie à enseigner "Le rôle des femmes dans l'Allemagne nazie."
Dans un récit à deux voix, le lecteur oscille entre le récit de la jeune Anna aux prises avec la guerre, sa conscience et les nécessités de la survie et celui de Trudy qui se retrouve un peu par hasard à interviewer des allemands ayant connu la guerre.
Malgré quelques maladresses j'ai trouvé ce premier roman poignant. Il faut dire que durant quatre ans Jenna Blum a réuni des témoignages pour la fondation de Steven Spielberg, de nombreux témoignages émaillent le récit.
Le récit de la vie d'Anna est celui qui m'a le plus touché. Tout en nuances et en profondeur. On comprend mieux au fil des pages la mue de la jeune fille passionnée en mère de famille murée dans le silence et la honte.
Récit d'amour et de mort, voix originale parmi les romans sur la seconde guerre mondiale, c'est aussi une exploration du poids de l'histoire que nous portons ou croyons porter.
30 avril 2011
Gazon maudit
Repéré chez Théoma, j'avais hâte de me plonger dans l'univers décapant et délicieusement british d'une jeune auteur de 70 ans.
Mary Wesley,
La Pelouse de Camomille,
Héloïse d'Ormesson,
2008
A l'aube de la guerre une poignée de cousins vit ses dernières heures d'insouciance.
Pas de danger de trouver un spoiler dans ce billet car ce roman m'est tombé des mains à la page 150. J'ai été incapable de m'intéresser au destin de Calypso, Sophy et les autres.
Pourtant ce roman a recueilli de nombreux éloges de bloggeuses dont je partage d'habitude les goûts.
Je ne sais pas pourquoi je l'ai boudé.
Les changements brutaux de narrateur, quelques situations clichés, trop de personnages traités superficiellement... je ne sais argumenter pécisément ma déception.
Mettons cela sur une humeur chagrine ou une envie de me désolidariser de la blogosphère !!
Un billet plus alléchant chez Théoma. (En le relisant, j'ai envie de me replonger dans ce livre plus tard pour y découvrir cette pépite qu'elle y a vu et à côté de laquelle je suis passée.)
27 avril 2011
Par la fenêtre
A la découverte des auteurs féminins de BD pour le challenge.
Vanyda
L'immeuble d'en face (3 tomes)
La boîte à bulles
2007
C'est la vie à Lille, ou dans n'importe qu'elle autre ville. Un immeuble ni meilleur ni pire que les autres, avec dans ses trois étages des concentrés de vie.
Au premier la jeune mère célibataire, au second les quinquas sans enfants dingues de chiens et au dernier le jeune "vieux couple" d'étudiants... De petites tranches de vie qui se racontent au fil des trois tomes. Les petites solidarités et les bonjour-bonsoir de circonstances, et la vie de chacun qui s'emmêle un moment avant de reprendre son cours.
J'ai mis un tome à rentrer dans l'histoire tant le parti pris est de raconter à travers la banalité du quotidien. Les révélations sont dévoilées très allusivement au détour d'une vignette. Au bout d'un tome je me suis attachée à ces 5 personnages.
Un regret toutefois, l'accumulation de clichés parfois, le vieux couple qui ne partage plus grand chose, ou le manque total de passé des personnages.
Mention spéciale pour le dernier chapitre qui à lui seul rattrape l'ensemble.
La beauté des personnage aussi a été déterminante dans mon plaisir de lecture même si un monde en couleurs m'aurait encore plus séduite ...

23 avril 2011
Fascination
Retour en douceur à la fantasy grâce à Neph.
Kristin Cashore
Rouge
Calmann Lévy Orbit
2010
Rouge est un monstre, un monstre de beauté comme tous les monstres animaux de Dells.
Outre sa beauté fascinante, elle peut contrôler les esprits. Heureusement, elle est le seul monstre humain de son monde.
La guerre se rapproche, Rouge ve devoir choisir son destin.
Résumé ainsi cela fait terriblement Harlequin. Et c'est parfois le cas. L'histoire d'amour est très prévisible, certains personnages aussi.
Tout l'intérêt de l'intrigue réside dans le passé de Rouge qui se dévoile peu à peu.
Ce volume est un tome 2 mais totalement indépendant du 1. Cela ne gêne en rien sa découverte.
J'ai passé un bon moment mais le contrat est tout juste rempli. J'attendais plus de surprises et une intrigue plus ample ... avec pourquoi pas un tome 2.
Ce que j'ai le plus apprécié c'est la description de Dells et de sa ville du roi mais ils ont été insuffisemment développés à mon goût. Il est vrai que je suis une grande fan de Robin Hobb et de ses intrigues en 15 volumes !!!








